Musique: Mon morceau préféré.
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T__o__m
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une semaine plus tard_
__ Tom?J'ai eu pendant un instant l'impression idiote que c'était son coeur qui m'appelait, et non pas Elle. Elle ne me regarda pas, se contentant de rester assise à fixer cette couverture qui couvrait nos deux corps, petite chose blanche qui était bien la seule à continuer de nous unir.
__ Tom.
__ Quoi..?Elle releva soudain les yeux avec une rapidité qui me dépassa. Je crus apercevoir l'ombre de sa tristesse danser au fond de ses prunelles avant qu'elle ne baisse les yeux à nouveau, rougissante.
Mon estomac se contracta automatiquement, et je fus pris d'une nouvelle vague de remords, comme à chaque fois que je croisai son regard en ce moment. Troublé.
__ Tu ne me parles plus de toi.Ce n'était pas une accusation. Une simple constatation. Mais elle se planta dans ma poitrine avec la force d'un poignard conduit par une rage inhumaine. Touché, coulé. Les seuls instants de bonheur qui m'étaient accordés dans cette vie s'enfuirent si vite que je n'eus même pas le temps d'essayer de les retenir. Il ne restait plus que nous deux. Jean et moi.
Une de mes mains glacées s'approcha légèrement du visage de Jean. Retomba aussitôt, inerte sur le drap blanc sale. Je n'avais même plus la force de mentir. Elle ne savait que trop bien ce qui était en train de se passer entre nous.
Je ne répondis rien. Attendis qu'elle parle. Qu'elle arrête de pleurer en silence, qu'elle me crache la vérité au visage. Qu'elle me frappe. Tout ça ne pouvait décemment plus durer. Notre relation était réduite au silence et aux mensonges. C'était tellement nul. Et tout ça à cause de moi.
__ Pourquoi, Tom? J'ai l'impression...
__ Je n'ai rien..Rien à dire sur moi, protestai-je vainement.
__ Je ne sais rien sur toi, enfin, pratiquement rien. continua-t-elle comme si de rien était. J'aimerais... Elle hésita. Sa voix se brisa. Elle était si fragile, Jean. Si petite, si frêle dans ce trop grand lit.
__ J'aimerais t'entendre me dire ce que tu aimes et ce que tu n'aimes pas, au lieu d'avoir à lire dans les magasines people pour le savoir, c'est tout. Tu comprends?
__ J'aimerais bien.
__ Le problème, Tom, ce n'est pas que tu ne comprends pas. C'est que tu ne veux pas comprendre.Silence.
__ Tom, je vais bientôt partir en lune de miel, chuchota-t-elle si doucement que j'eus presque l'impression de n'entendre qu'un souffle de vent diabolique qui me soufflait mes peurs et mes regrets au creux de mon oreille.Je secouai la tête, pivotai vers elle et la fixai, incrédule:
__ Et alors? On pourra se revoir après.
__ Tom, ça ne peut plus durer. Entre nous... Ce n'est plus possible.Sa voix était presque ferme cette fois. Je me recroquevillai sur moi-même, tâchai d'oublier les paroles cruelles qui étaient pourtant si vraies. Peine perdue.
__ Non. Ca ne peut plus durer. Tu as raison.Mes mains se refermèrent jusqu'à n'être plus que des poings blêmes de tristesse. Je ne devais pas la retenir. Je devais la laisser partir.
Je le devais.
Je le savais.
Je croyais le savoir..
Je devais m'en convaincre.
__ Tom...Lorsque je me tournai vers Elle, mon coeur ne battait presque plus. J'avais en la regardant l'impression de n'être qu'un tas grossier fait de chair et d'os, une chose sans nom à demi-morte, dépourvue de coeur. Dépourvue d'âme. Dépourvue de tout ce qui était important. Jean. Jean. Jean...
Elle leva doucement sa main vers moi. Frôla ma joue de ses doigts avec une douceur incrédule. Geste d'adieu.
__ Je t'aimerais toujours, Tom. Tu le sais?La question me sidéra et acheva de briser les dernières chaines qui me retenait à Elle.
Non, je ne le savais pas. Ou du moins, je n'avais jamais voulu le savoir. Et c'était à cause de cela que nous en étions là.
Sa main quitta ma joue trop vite à mon goût. Elle se leva et commença à s'habiller. Lentement. Savourant nos derniers instants, mes derniers instants, je la regardai de toutes les forces de mon âme, voulant retenir un détail, des détails, chaque détail qui me permettrait de survivre loin d'Elle. Ses cheveux, se dispersant gaiement dans l'encolure de son col, ondulant gracieusement jusqu'à sa taille. Ses yeux obstinément baissés, observant tout sauf le lit ou je demeurais assis.
La courbe de sa joue pâle, que je suivais du doigt mentalement. Sa grâce de danseuse étoile. Ses petites mains, enfilant ses petites ballerines grises.
Elle se retourna tout aussi lentement vers moi. M'observa sans rien dire pendant un instant. Se contentant de me regarder, de fixer les moindres courbes de mon visage. Je fis de même. Mourant d'envie de me lever pour l'enlacer. Accepter enfin mes sentiments. Ce sentiment.
Mais non.
Je ne pouvais toujours pas.
Elle ramassa soudainement son sac, courut vers la porte. Tira la poignée. Mon coeur hurla, je serrai les dents tant bien que mal.
Elle sortit de ma vie aussi soudainement qu'elle y était entrée.
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Adam, Le soir____ Ma chérie..? Que se passe-t-il? Jean!Je voulus m'asseoir près d'elle mais elle essuya ses larmes d'un revers de main, se releva et tenta vainement d'éviter de me regarder, comme dégoutée par ma présence:
__ Tout... va... très bien, Adam.Pensait elle que j'étais aveugle? J'eus envie de la secouer, de la forcer à me dire ce qui n'allait pas depuis quelque temps. Mais elle ne me dirait rien, de toute façon. Si jamais j'essayais de la faire parler, elle se murerait dans un silence amer et m'éviterais comme la peste. Ce que je ne désirais pas le moins du monde.
Je me contentais donc d'effleurer sa joue de ma main gauche pour sécher une autre de ses larmes, l'enlaçant du bras droit.
Mais elle se dégagea si vivement que cela m'amena à poser d'autres questions, aussi forte que soit mon envie de ne pas engager de dispute la veille de notre mariage.
__ Jean, dis moi ce qui se passe. Je pourrais peut être t'aider?Elle éclata d'un rire hystérique qui me surprit autant qu'il me blessa. Je reculai, pris au piège par l'intensité de son regard, accentué par ses larmes brillantes:
__ M'aider? M'aider?! Mais comment pourrais tu m'aider, Adam? Tu ne comprends rien. Rien. Rien, du tout. Tu ne sais pas... Tu ne sais pas, toi! Je reculai encore, hébété. Je ne reconnaissais plus la jeune femme à qui j'avais passé la bague au doigt, dans cette fille à l'air hagard, aux joue baignées de larmes et au regard si féroce qu'elle me donnait l'impression d'être possédée.
__ Mon amour..?
__ Ne m'appelle plus comme ça! Laisse moi tranquille! Je.. Ne.. Veux rien d'autre. Je veux juste...Pendant un instant, elle redevint la Jean fragile que j'aimais. Elle jeta un regard alentour, l'air si perdue que j'essayais aussitôt de la prendre dans mes bras. Qu'avait donc t-il pu se passer pour que Jean soit bouleversée à ce point?
Mais, encore une fois, elle me repoussa. Plus brutalement cette fois.
__ Laisse moi tranquille!!!!
__ Jean!!!!Elle partit de la chambre en claquant la porte. Et moi, comme un imbécile, je restai planté là, me demandant au juste quel diable avait pris possession de Jean pour qu'elle réagisse comme cela. Une fille si calme, si joyeuse.
Depuis quand au juste était-elle si triste?
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Jean, 1/4 d'heure plus tard____ Alees, réponds...Je marmonnai une série d'insultes à l'adresse de son foutu répondeur, raccrochai une troisième fois et recomposai le numéro de ma meilleure et seule amie, tâchant d'éviter le regard des passants trop curieux qui m'observaient, pauvre petite fille perdue et en larmes au milieu de nulle part.
" Salut, ici Alees Werde! Je suis pas là pour l'instant, laissez un message après le bip. "__ C'est pas vrai... Mon Dieu, c'est pas vrai.Je n'avais plus personne, pas d'endroit ou dormir, pas d'argent. Je pestai contre moi-même, essuyai mes larmes d'un geste rageur et continuai ma route, les bras croisés autour de ma poitrine, tremblante de froid et de tristesse.
Je tâchai de me résonner: Il fallait que je rentre, que j'arrête de causer du souci à Adam, que je le supplie de m'excuser, qu'on se marie et qu'on aie beaucoup d'enfants, pendant qu'on y était...
Mais mes jambes ne semblaient pas être du même avis, et me poussaient loin de la grande et vieille bâtisse d'Adam Matze.
Je n'avais pas envie de revoir son visage peiné, d'affronter la tendresse de ses yeux bleus. Et, si j'avais envie d'être consolée, ce serait, ironie du sort, par celui qui me déchirait le coeur.
Je me rappelai sans peine Le visage, Son visage, que je m'étais efforcée de mémoriser jusqu'au dernier détail. Il avait l'air si perdu. Perdu. Pour la première fois. Lorsque je l'avais connu, il était souriant, attentif et toujours prêt à plaire. Mais, au fil des mois, il était devenu sombre et s'était éloigné de moi. Froid comme le vent qui faisait voler mes cheveux à présent.
C'est de ma faute. C'est de ma faute. Combien de fois me je suis-je répété, pleurant les maigres larmes qui me restaient lorsqu'Adam dormait? Cent fois, mille, un million, un trilliard de fois. Qu'avais-je fait pour qu'il s'éloigne? Qu'avais-je fait pour qu'il cesse de me sourire, qu'il me fuie?
Mais le visage dont je me rappelais ce soir n'était pas l'éternel visage froid et inintéressé que j'avais eu sous les yeux pendant quatre mois, non. Ce visage là était bouleversé. Bouleversé, perdu et peiné.
Je ne le comprenais plus. Est-ce qu'il avait dans le coeur ne serait-ce qu'un tiers de ce que je ressentais pour lui? J'aurais juré que non, mais à présent, je n'étais plus sûre de rien.
Il avait l'air si triste, lorsque j'avais effleuré sa joue de mes doigts...
Pour la dernière fois.
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T__o__m_
__ Tom tooooom!!! Tu te ramènes? On va draguer.Je marmonnai un Je-ne-sais-quoi crétin en guise d'excuse, m'enfonçai plus profondément dans mon fauteuil et refermai les yeux. Draguer? Comme si je n'avais que ça à faire.
__ Tooooom!
__ Fous moi la paix, Bill.Mais mon jumeau tirailla une de mes dreads jusqu'à ce que je daigne ouvrir les yeux.
__ T'as pas bientôt fini de me faire chier, oui?!Mais Bill n'avait pas l'air de vouloir m'inciter à partir avec Georg, Gus et lui. Il me fixait sans rien dire, d'un air si inquiet que je me mordis la lèvre inférieure pour ne pas lui rire au nez.
__ Ah, ouais. Je veux pas aller mater des nanas avec vous donc, tout de suite, y a un blem, ironisai-je en le fusillant du regard et en me renfonçant dans mon siège.
__ Parfaitement, approuva mon jumeau sans saisir toute l'ironie de ma phrase. Je pensais que tu voudrais profiter de nos dernières journées... Vu qu'on part en tournée après-demain.
__ Nan, merci. Je préfère rester ici à dormir.
__ Tom, tu vas bien?, redemanda Bill en fronçant les sourcils.
__ Je vais bien, ok?!J'étais à présent si énervé que je me demandai vaguement comment j'allais faire pour trouver le sommeil.
__ Non, tu ne vas pas bien, marmonna-t-il en m'observant.
__ Nom de Dieu, que tu es perspicace.
__ Nom de Dieu, que tu es joyeux!
__ La ferme.Je regrettai aussitôt mes paroles, sachant que soit Bill se vexerait et ne me parlerais plus jusqu'à la fin de la tournée, soit il m'apporterait une couverture et une tasse de thé, me gâtant comme si j'étais notre grand-mêre, figée dans son fauteuil roulant.
En lui jetant un regard, j'optai immédiatement pour la deuxième solution.
__ Tom, dis moi ce qui se passe. En ce moment, tu as l'air...
__ Con? Je te rassure, ça c'est mon air habituel.
__ Non, tu as l'air... Mort.Oups.
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J'espère que ce chapitre vous a plu. Je suis très moyennement contente, mais bon. Il fallait que les choses avancent un peu. Je suis désolée pour Adam, en fait, on ne sait pas vraiment ce qu'il ressent. J'espère explorer un peu plus son point de vue dans les prochains chapitres.
On ne sait toujours pas clairement pourquoi Jean reste avec Adam, ou du moins, je ne l'ai pas assez clairement dit: Cela sera donc reprécisé. =)
Un nouveau personnage dans ce chapitre, qui n'est pour l'instant qu'effleuré: Alees [ prononcez Alice. ] C'est elle, l'avatar de mon blog =)
Voilà voilà! J'espère avoir vos commentaires. =) ( Même de la part de ceux qui n'en mettent pas d'habitude, pour une fois! Pour voir qui me lit. =O )