.(( C'est comparer un arbre frêle à une forêt.)) .



RECOMMENCERAI-JE AUFERSTEHUNG ...?















________________












Je ne sais pas trop comment vous annoncer ça... Je ne sais même pas s'il existe encore un "vous" en fait.
Comme vous avez pu le remarquer, il y a un bon moment que je n'ai donné de nouvelles à personne. La vérité était en fait tellement dure à admettre que j'ai tout simplement fui, comme une lâche - la lâche que je suis. La vérité... La vérité, c'est que mes personnages, Jean, Adam, Alees, Aaron, ont fait leurs bagages et sont partis. Ils m'ont abandonnés, ou plutôt JE les ai abandonnés. Ils sont partis pour ne plus jamais revenir. J'ai laissé tomber Auferstehung, j'ai laissé tomber mes lecteurs, j'ai tout envoyé en l'air, mais je ne vous ai rien dit, parce que j'avais trop peur d'admettre le fait qu'Auferstehung était fini.
C'est mon Auferstehung. C'est mon bébé. J'ai renié sa mort avant d'accepter l'inacceptable...
Voilà la raison, stupide je l'avoue, pour laquelle je suis partie sans rien dire. J'avais beau passer de temps en temps, rien n'était comme je le voulais vraiment. Le dernier chapitre que j'ai posté n'était qu'un... épilogue dirons nous. Un dernier signe de dénégation, "non, Auferstehung n'est pas arrêté..."
Et bien si. Depuis longtemps. Et ce message et ici pour, enfin, vous en faire part. à tous ceux qui liront ce message ; merci. A tous ceux qui m'ont soutenus, merci. A tous ceux qui ressentiront un (vague certes) sentiment de tristesse en lisant ce message ; merci.
A tous enfin; merci.
Je ne vais pas me la jouer "Adieeeeu ma vie est fichue". Le ridicule ne tue pas et blablabla mais bon, il ne faut pas pousser le bouchon trop loin n'est ce pas Maurice ? Nom d'une pipe.
J'ai été heureuse de partager cette fiction avec vous. Et j'ai beau être brouillée pour de bon avec Adam, Jean et co, ils me manquent... et me manqueront toujours quelque part.

Ma première "vraie" histoire s'achève....


Mais, comme je vous l'ai dit ; ne prenez pas ce message comme un Adieu.
Nous nous reverrons, je l'espère.
Bientôt, j'aurais le courage de tout recommencer. Et je vous donnerais, sur cet article même, le lien qui vous conduira à ma "renaissance".
Je vous laisse les articles en ligne, pour ceux qui (par folie ou par envie) auraient une soudaine envie de relire ma pauvre loque Auferstehungienne.



Merci. Au revoir...



Du nouveau dans la coécriture ! =) Bloody-Hill et moi-même avons le plaisir de vous présenter HINGABE.



# Posté le mardi 17 juin 2008 11:59

Modifié le vendredi 29 mai 2009 07:19


P_R_O_L_O_G_U_E
PDO Adam_


__ Il a tué ma mère... Il a tué ma mère, enlevé ma Jean...

Sous l'oeil avide de la caméra, je m'affalai dans mon siège préféré et lâchai un gémissement à fendre l'âme avant de me mettre à sangloter convulsivement, enserrant d'un geste maladroit l'accoudoir moltonné non sans en admirer intérieurement sa magnifique couleur - Rouge sang.
La journaliste ouvrit quelques instants plus tard sa bouche barbouillée de rouge à lèvres de mauvais goût pour enchainer sur des questions précises et plus lamentables les unes que les autres - Si risibles que j'en aurais ri si j'en avais eu la possibilité; Mais l'oeil de la caméra ne semblait pas vouloir se détourner de moi.

__ Monsieur Matze, monsieur Matze ! Comment votre mère a-t-elle été tuée? Comment le kidnappeur est-il entré? Vous aviez pourtant des gardes postés à l'entrée..? Avez-vous vu le visage du kidnappeur ?!
__ Oui,.. mumurai-je en réponse à la dernière question d'une voix que je teintai délibérément d'une tristesse sans bornes. Oui...


Je retins un autre sourire et affrontai la caméra en sanglotant plus encore:

__ Tom Kaulitz. C'est Tom Kaulitz qui a assassiné ma mère et enlevé ma fiancée !


La partie ne faisait que commencer.

________________________________________________
PDO Jean_

Il était beau à outrance, comme chaque nuit. Tenant entre deux de ses longs doigts sa cigarette du soir, offrant son visage aux étoiles avec une ferveur proche de l'indécence - Il était si obstinément dépendant du spectacle lumineux de ce ciel étoilé que je le soupçonnai de vouloir échapper à mes regards insistants -, toujours avec cette nonchalante arrogance que je haïssais et adorais tour à tour, comme prise entre deux eaux : Je l'aimais autant que je détestais tout ce qui pouvait nous séparer.

Je finis par repousser le drap qui couvrait mon corps nu, d'une lenteur très peu convaincante.

__ Je dois y aller. . .

Il me jeta un coup d'oeil narquois mais ne répondit pas, se contentant de balancer sa clope à demi consumée par dessus la balustrade dorée.

__ Je dois y aller, répétai-je, plus fort et plus fermement que la fois précédente.

Je me tortillai sur le lit, hésitante et maladroite. Triste fille s'acharnant à se convaincre elle-même de retourner à sa vie morne et sans couleurs.

__ Alors vas-y.

Il restait droit dans la pénombre, préférant une fois encore fixer le visage du ciel plutôt que le mien. Et moi, qui restais sagement là à fixer son dos, assise au milieu du lit comme une idiote. Comme à chaque fois. L'observant d'un regard empli d'un vain espoir qui le dérangeait et le mettait mal à l'aise.

__ Va retrouver ton fiancé, Jean. Il doit t'attendre.

Je baissai la tête, puis la relevai, lentement. Me levai, attrapai mes vêtements éparpillés à terre par Ses soins et les enfilai maladroitement, sans cesser de le regarder pour autant.
Une fois rhabillée, je m'approchai lentement de lui. Il tressaillit et se retourna enfin, me laissant observer à loisir son beau visage aux traits si fins et si réguliers.

__ Je. . . (J'hésitai un moment puis me mordis la lèvre, gênée.) A plus.

Il hocha doucement la tête, me sourit vaguement et retourna à sa contemplation nocturne sans un seul autre regard.

__ A plus, bébé, chuchota-t-il aux étoiles.

Le coeur en désordre, je quittai la chambre sans un regard en arrière.

« Oh, s'il te plait. Retourne toi. Fais moi un signe, rien qu'un. Qui me dicterais, m'ordonnerais de rester avec toi.
Dis moi que tu m'aimes, alors je ne repartirais pas.
»

Mais j'avais beau Le supplier intérieurement, traversant les couloirs déserts de l'hôtel à petits pas tremblants, je savais.


Je savais bien qu'il ne le ferait jamais.


_________________________________

Tu veux être tenu(e) au courant des suites? Alors clique et laisse moi un commentaire pour me prévenir.
PS: C'est bien l'héroïne de l'histoire qui se prénomme Jean, prononcez Djinn. =)


NOUVELLES FICTIONS;


# Posté le dimanche 05 octobre 2008 12:04

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 12:33

.(( Je ne lui permettrais pas d'avoir une telle influence sur moi. Ctait minable. Plus, ctait malsain.)) .

.(( Je ne lui permettrais pas d'avoir une telle influence sur moi. C'était minable. Plus, c'était malsain.)) .
T__o__m
_


Faire semblant de ne pas sentir Son regard brûlant peser sur soi et regarder les étoiles comme si le bonheur s'y trouvait. Sourire pour Lui cacher son trouble.

Je continuai de fumer ma cigarette en attendant qu'Elle dise quelque chose. J'avais toujours détesté le Silence de cette chambre, pourtant je n'avais aucunement l'intention de le rompre. Car si jamais je le faisais, toutes mes bonnes résolutions s'écrouleraient dans la seconde. Que ferais-je alors, regardant l'Espoir et l'Amour danser passionnément au fond de ses yeux noisette? Je ne le savais pas vraiment, et préférais ne jamais le savoir.
J'étais si lâche.

__ Je dois y aller. . .

Je sursautai légèrement et lui lançai un coup d'oeil par dessus mon épaule. Puis me retournai sans rien répondre et balançai ma clope par dessus la balustrade pour me donner une contenance.

__ Je dois y aller.

Mes doigts se crispèrent sur la balustrade et mon coeur eût un dérapé. Pitoyables battements qui s'accélèrent en L'entendant, comme à chaque fois.
Sa voix était si frêle.

__ Alors vas-y.

Ma voix n'était qu'un murmure, mais je savais qu'elle m'avait entendu. Je La sentais bouger derrière moi. Est-ce qu'Elle pleurait? Est-ce qu'Elle m'en voulait? J'étais tellement minable.
Je me posais ces questions pour chacune des nuits que je passais avec Elle, et pour chacune des nuits que je passais sans Elle. Elle m'obsédait.
Et ce sentiment d'obsession me faisait une peur terrible.

__ Va retrouver ton fiancé, Jean. Il doit t'attendre.

" Ma voix est presque ferme, pour une fois. "
Mes doigts se crispèrent plus encore jusqu'à en devenir blêmes, tandis que je me ressassai les dernières paroles qu'elle m'avait dites avant de fermer les yeux, pour mieux sentir mes baisers pleuvoir sur sa peau douce.

" Je vais me marier, Tom. "

Je m'en fichais. Oui, je m'en fichais, de toute cette histoire, de ce fiancé trop pressé et de l'hésitation évidente de Jean.
Alors pourquoi est ce que j'étais si furieux contre moi-même?
Je savais pertinemment que toutes ces questions ne me mèneraient nulle part, pourtant elle s'obstinaient et me procuraient toujours un sentiment de culpabilité qui m'énervait au plus au point.

Je n'étais qu'un enfoiré, voilà ce que j'étais. Je la faisais souffrir, je le savais et pourtant je ne fais rien pour arranger quoi que ce soit.

Enfoiré.

La sentant approcher, je tressaillai et me retournai vivement. Erreur impardonnable. Mes yeux s'attardèrent aussitôt sur son visage pâle, attirés comme des aimants par sa beauté discrète. Elle était si simplement belle. Son regard était si pur et si sincère que l'idée qu'elle ne puisse l'être ne m'effleura même pas.
Ses joues pâles devinrent vermeilles sous l'action de mon regard insistant, douce gène qui ne fit que souligner sa beauté et qui accentua automatiquement les battements, déjà irréguliers, de mon coeur malmené.
Elle ramena une de ses longues boucles brunes derrière son oreille et s'éclaircit la gorge.

__ Je. . . (Elle marqua un temps d'arrêt, l'air perdue.) A plus.

Je hochai doucement la tête, lui sourit et, à regret, me tournai à nouveau vers le ciel étoilé.
Mieux valait pour moi de ne pas trop La regarder.

Le claquement de la porte me signifia qu'elle était enfin partie.


Je ne savais pas ce qui me retenait de partir loin d'Elle. Peut être était-ce à cause de la façon qu'elle avait de fixer mon dos dans la pénombre, chaque nuit. Peut être était-ce à cause de l'Espoir qui subsistait encore dans son regard, cet Espoir que je n'encourageais pourtant pas et qui me faisait baisser les yeux sur la moquette lorsque je le croisais. Peut être était-ce aussi à cause du fait que son visage et sa voix me hantaient continuellement.

Ou peut être était-ce parce que j'étais fou.

Je n'étais jamais tombé amoureux, jamais. Pas une seule fois. J'avais déjà beaucoup à faire avec Bill, qui n'était même pas capable de draguer correctement. Il fallait donc que je reste toujours près de lui. Il étaitt tellement fragile, son coeur se brisait si facilement.

Un peu comme Elle, en fait.


Je ne savais pas vraiment ce qui m'avait poussé vers Jean, la première fois que nos regards se sont croisés. A vrai dire, lorsque j'avais plongé mes yeux dans les siens, mon coeur s'était serré d'une façon si bizarre que la première pensée que j'ai eu pour Elle était. . .

" Il faut que je l'évite. "


Je n'avais jamais eu autant raison de ma vie.

______________________

J__e__a__n_



__ Ma chérie, tu es ailleurs.


Cette phrase sonna comme un regret à mes oreilles. Je relevai la tête, croisai et décroisai les jambes, mal à l'aise. Le regard bleu de mon fiancé n'était pas totalement dénué de réalisme, après tout.
Mes yeux noisette se contentèrent quant à eux de se poser sur la jolie nappe blanche de la table de notre salon. Gênée d'être dérangée en plein rêve.

__ Heu, oui, excuse moi. Tu disais? Lui demandai-je sur un ton d'excuse.

Adam me contempla un instant sans rien dire, puis secoua la tête et reprit:

__ Je te demandais donc si tu ne préférerais pas avoir une robe neuve plutôt que la robe de mariée de ma mère. Tu as sans doute accepté de la porter pour lui faire plaisir, mais ne te sens pas obligée.

Je soupirai sans cesser de contempler la nappe. Semblant me fasciner pour la petite tache de vin répandue on ne sait quand.

__ Non, ça ira. La robe de ta mère est très belle . . .
__ Ma chérie, répondit Adam en me prenant la main, je sais parfaitement que tu trouves ma mère trop . . . sûre d'elle. Tu peux refuser.
__ Ne t'inquiète pas, Adam, cette robe me convient.
__ Sûre?
__ Sûre.
__ Va pour la robe de Mère, alors.


Gardant sa main sur la mienne, l'air de rien, il continua de feuilleter les magasines et d'agiter sa " Liste d'invités pour le Mariage " d'un bout à l'autre de la table, tremblant presque de bonheur pendant que mon coeur se brisait.
Pourquoi fallait-il qu'il soit si gentil? Pourquoi fallait-il que ce soit lui qui me dise " Je t'aime " tous les soirs, lui qui me fasse l'amour tendrement et encore lui qui me prépare une tisane lorsque je suis malade?
Je ne comprends pas Dieu.

Je ne savais même plus pourquoi j'étais là, en train de préparer mon mariage avec ce jeune homme de 22 ans dont je n'étais même pas amoureuse. Et que je trompais depuis maintenant 6 mois avec. . .


Avec Lui.


__ Je suis certain que ce voile s'accordera parfaitement à la couleur de tes cheveux. Non?

Oui, non, peut être. Un court silence s'installa, le temps pour moi de prendre une boucle de mes cheveux châtains entre mes doigts et de jouer maladroitement avec, une moue sceptique aux lèvres.

__ Oui, pourquoi pas.

Adam me fit un sourire ravi, comme s'il n'attendait que cette réponse pour que son coeur explose de joie. Il m'enlaça par la taille et reprit d'un ton tranquille ses observations. Je l'écoutais d'une oreille distraite me dire qu'il allait commander le voile de suite, que ces " Ô combien magnifiques " chaussures iraient avec mes jolis petits pieds, que la commande pour le gâteau était prête à partir et que ce petit fourreau rose conviendrait sûrement aux demoiselles d'honneur.


Et moi qui hurlais Son nom en pensée, totalement perdue. Désemparée. Désespérée. . . Emprisonnée par le bras de mon futur mari possessif mais tellement mignon, moi je ne pensais honteusement qu'à celui avec qui je le trompais.


Tom.




J'aurais tant voulu que ce soit avec toi que je programme mon mariage aujourd'hui. Mais le Destin en a décidé autrement.
Lorsque tu me souris à présent, j'ai toujours l'impression que c'est le dernier de toi qui me sera destiné.

__ Jean?

Une question dans les yeux de mon fiancé aux cheveux noir corbeau.

__ Heu . . .
__ Tu préfères qu'on s'arrête là pour aujourd'hui?


Sa voix était attentionnée, sa main caressait doucement la mienne et une expression inquiète était née quelque part dans ses iris.

Oh, si tu savais Adam.


J'aimerais me mettre à courir pour aller pleurer dans Ses bras.



____________________________________________________________________________

Bonjour! Premier chapitre enfin en ligne. =) J'aimerais avoir vos avis. Commentaires construits, s'il vous plaît. =O Merci de vos commentaires sur mon prologue, j'espère que vous continuez et continuerez à aimer ma fiction.
Je vais être franche, je voulais séparer ce chapitre en deux parties, une pour Tom une pour Jean, mais je les aies finalement mises " dans le même sac " étant donné que je ne savais pas lequel point de vue pour préfèreriez. Lequel vous avez le plus apprécié, d'ailleurs?
Dans le prochain chapitre, d'autres personnages. ( secondaires mais présents tout de même. )

# Posté le samedi 21 juin 2008 09:37

Modifié le samedi 18 octobre 2008 10:26

.(( Avant toi, ma vie était une nuit sans lune. Très noire, même s'il y avait des étoiles_Des points de lumière et de raison. Et puis, tout d'un coup, tu as traversé mon ciel comme un météore. Soudain, tout brûlait, tout brillait, tout était beau. Quand tu as disparu, quand le météore est retombé derrière l'horizon, tout s'est de nouveau assombri. Rien n'avait changé, sauf que mes yeux avaient été aveuglés par la lumière. Je ne voyais plus les étoiles, et la raison ne signifiait plus rien. )) .

  .(( Avant toi, ma vie était une nuit sans lune. Très noire, même s'il y avait des étoiles_Des points de lumière et de raison. Et puis, tout d'un coup, tu as traversé mon ciel comme un météore. Soudain, tout brûlait, tout brillait, tout était beau. Quand tu as disparu, quand le météore est retombé derrière l'horizon, tout s'est de nouveau assombri. Rien n'avait changé, sauf que mes yeux avaient été aveuglés par la lumière. Je ne voyais plus les étoiles, et la raison ne signifiait plus rien. )) .
T__o__m_

La première fois que je L'ai vue.

C'était un coup de foudre au sens littéral du terme. Un éclair qui me traversa le crâne de part en part, un brouillard opaque qui m'aveugla, un couteau qui se planta cent fois, mille fois dans mon coeur. Le tout en une éternelle seconde.
Assis nonchalamment sur un des nombreux tabourets de ce bar enfumé, je me suis discrètement frotté la poitrine dans l'espoir que ce. . . Sentiment désagréable passe. Rien à faire. Ces yeux noisette qui me fixaient me tueraient à petit feu si je m'approchais de leur propriétaire, j'en étais certain.

Alors pourquoi Diable ai-je adressé la parole à cette fille??

Dieu que je suis con.

__ Tu t'appelles comment?
Elle releva vivement la tête et rougit dès qu'elle croisa à nouveau mon regard. Hésitante, elle regarda autour d'elle comme si elle espérait que je parle à quelqu'un d'autre, puis se retourna lentement vers moi.
__ Jean.
__ Djinn, comme un génie?
__ J.E A.N., répondit elle sérieusement non sans avoir auparavant esquissé un petit sourire moqueur.
__ Ah, ok, riai-je sans cesser ne serait-ce qu'un instant de la fixer.


Nous nous observâmes une minute sans rien dire, moi avide d'en savoir plus sur cette magnifique femme-enfant, elle triturant nerveusement la coupelle de sa tasse de café.

__ Et donc..., disai-je pour briser le silence, tu as quel âge, Jean?
__ 18 ans. Et toi, Bill? C'est Bill, non?, demanda-t-elle d'un air vaguement inquiet en voyant mon expression.
__ Non, moi c'est Tom, lui répondis-je en lui décochant un sourire que j'espérait charmeur. C'est mon jumeau qui s'appelle Bill. J'ai presque 19 ans. Tu connais un peu notre groupe?


Elle haussa les épaules et concentra son regard sur sa tasse de café.

__ Qui n'en a pas entendu parler?
__ Bonne question.
__ Qu'est ce que tu fais ici sans ton garde du corps?, enchaîna-t-elle en me fusillant presque du regard.
__ / J'éclatais de rire. / Ca aussi, c'est une bonne question. Disons que j'avais envie d'être un peu seul.
__ Et si je te sautais dessus pour t'assassiner, tu aurais l'air malin, me déclara-t-elle d'un ton si sérieux que je me mordis la lèvre pour ne pas éclater de rire à nouveau.
__ Essaye toujours, . . . Jean.


Elle rougit jusqu'aux oreilles et ne répondit rien.

Nous avons discuté presque toute la nuit. J'ai ainsi appris qu'elle était née à Berlin et n'avait jamais voyagé, qu'elle avait 18 ans depuis trois mois et qu'elle était fiancée à un type du nom d'Adam, un jeune médecin de 21 ans.
Bizarrement, cela ne m'a pas dissuadé de lui laisser mon numéro.
Et cela ne l'a apparemment pas non plus dissuadé de m'appeler le lendemain.

Nous avons fait l'amour le lendemain soir de notre rencontre, dans une chambre d'hôtel quelconque aux volets refusant de s'ouvrir et au lit deux places recouvert d'une couette jaune canari que nous avons vite basardé en arrivant.

C'est à ce même hôtel où nous nous sommes vus pour la deuxième fois. Puis pour la troisième, la quatrième et toutes les autres fois.
Et jamais, jamais je n'avais pensé attendre ces moments avec une impatience grandissante au fil du temps.
J'ai fini par m'habituer à elle. M'habituer à passer mes nuits avec elle, pas toutes malheureusement pour que son fiancé ne se doute de rien et aussi à cause de mes tournées. A ces discussions dans la pénombre, qui ont vite pris fin à cause de ma pitoyable fierté.
Maintenant il me suffit de fermer les yeux pour retrouver chacun des traits de son visage, avec une précision qui me dépasse.
Lorsque j'entends Bill me parler de ce qu'il éprouve quand il est amoureux, je pense invariablement à elle.


Ce n'est pas normal.

______________________

J__e__a__n_

Hôtel P..., Berlin, Une semaine plus tard.


__ Tu vois, je ne sais même pas pourquoi je reste avec lui.

Il me lanca un regard vaguement interrogatif, comme s'il se demandait pourquoi je parlais d'Adam ce soir, plus qu'un autre soir. Oui, pourquoi?
Peut être parce que ce silence commence à m'étouffer. Mort Lente.

Je m'éclaircis la gorge et continuai mon monologue:

__ Je ne l'aime pas. Il est attirant, c'est vrai. Il est gentil. Il est fidèle... / ricanement de Tom. / Oui, pas comme moi. Je ne sais pas...
__ Arrête.
__ Arrêter quoi?, lui lancai-je d'un ton que j'aurais voulu léger mais qui n'était qu'un chuchotement à demi hystérique.
__ Tu sais très bien pourquoi tu restes avec lui. , me lanca-t-il en prenant ce petit air sûr de lui que je détestais par dessus tout. Arrête de te voiler la face.
__ Non, je ne sais pas.
__ Si.
__ Alors vas-y, éclaire-moi Tom.


Le Tom en question tressaillit en m'entendant prononcer son nom et s'écarta plus encore de moi. Il repoussa le drap, se leva, enfila un de ses éternels baggy, puis, enfin, se retourna pour me fixer, croisant les bras d'un geste nerveux.

__ Tu restes avec lui d'abord parce qu'il est friqué... / il interrompit d'un geste mes protestations. / Parce qu'il est friqué et que tu aimes le luxe. Ensuite parce qu'il est tendre, et que tu adores ce genre de type. Et puis..., continua-t-il d'un ton froid comme si tout cela ne le concernait en rien, il t'aime. Et tu ne veux pas lui faire de mal. En plus, tu as peur de ce que pourrait dire ses parents, qui sont ta seconde famille depuis que les tiens sont morts dans cet accident. / il se rassit sur le lit et m'observa d'un air presque compatissant. / J'ai tort, Jean?
__ Je, ... / je fermai les yeux pour ne plus le voir. / Je ne sais plus.
__ Jean.
__ / Je rouvris les yeux / Mmm..?
__ Fais attention à toi.


Il déposa un léger baiser sur mon front et se leva à nouveau, cette fois pour enfiler son Tee-shirt.

__ J'y vais. / s'éloigne, s'apprête à sortir. /
__ Je suppose que tu ne veux plus me revoir, maintenant que je vais me marier?


Mon ton frôla l'hystérie, je le suppliai du regard de me persuader du contraire.
Il posa sa main sur la poignée, attendit une longue minute avant de répondre. Enfin, il se retourna et me lanca un sourire narquois.

__ Appelez-moi quand vous voulez, Madame Matze, et je reviendrais vous voir.

Il sortit avant que j'ai eu le temps de lui demander d'où il savait mon futur nom de famille.


Je ne lui avais jamais dit.

______________________

T__o__m_



Elle est comme une danseuse, qui virevolte dans mes pensées tout au long de la journée. Continuellement. Inlassablement. Dansant comme si sa vie était en jeu, dansant comme si Elle pouvait réconcilier la Vie et la Mort de ses bras maigres, dansant comme si elle embrassait à la fois l'Amour et la Haine de ses longs cils, comme si la Rage avait pris possession de son corps mais que cette idiote de Passion était là pour tout arranger. Dansant, encore et encore. Virevoltant dans un monde qui n'est pas le mien, s'échappant peu à peu de mon étreinte douloureusement passive, tel un abîme dont je ne verrais pas les bords. Et moi, comme le pauvre crétin que je suis, qui continue et continuerai sans doute, envers et contre tout, jusqu'à la fin de l'Eternité, à fixer la scène de mes yeux avides, fixés sur cette jolie danseuse aux belles boucles brunes qui retient mes pensées prisonnières. Moi qui ressent cruellement que la distance qui nous sépare ne fait que se creuser plus encore, m'emportant à un bout du monde, Elle à l'opposé du mien.

Assis dans la voiture, dans le parking, la tête puérilement fichée sur le volant, je pensai encore à Elle, à la dernière phrase qu'elle m'avait dite, d'un air si torturé que je n'avais pu m'empêcher de resserrer encore les chaînes qui m'unissaient à Elle.

" Je suppose que tu ne veux plus me revoir, maintenant que je vais me marier? "

Je ne pouvais pas décemment répondre non, avais-je pensé en me trouvant une excuse ridicule et très peu mature pour un type de 19 ans." Il ne fallait pas la faire souffrir plus encore. "

" Espèce d'imbécile fini, si tu t'étais soucié plus tôt de lui faire du mal, ç'aurait été largement mieux. Maintenant, c'est bien trop tard, et c'est bien pour ça que tu restes assis comme un crétin, la tête sur ton volant, à deux pas de L'Hôtel, en train de pleurnicher, tellement tu es con. "

Parfois, j'ai l'impression que je pourrais m'arrêter de penser à elle, si je le voulais vraiment. Ou du moins, si j'avais assez de volonté pour cela. Est-ce possible? Avoir assez de force pour arrêter de penser... A ses yeux. A ses lèvres. A sa voix. A ses cheveux. A la courbe de son dos, lorsqu'elle se penche pour reprendre ses vêtements. A ses toutes petites mains, a ses touts petits pieds. A ses soupirs rentrés que j'entends quand même, que je vois s'inscrire comme un souffle de vent sur un rosier sur son visage trop pâle à mon goût.

Non. Je crois que je suis bien trop égoïste pour cela.

La voiture démarra au quart de tour, grondement dans la nuit noire. Je jetai un regard derrière moi, mais l'Hôtel disparaissait déja, petit à petit.
J'avais de plus en plus l'impression que Dieu voulait me signifier que je n'étais pas à la hauteur. Qu'il fallait laisser cet... Adam d'emmener Jean ( je frissonnais en pensant Son prénom ) loin de moi, loin de nous deux. Loin de cet Hôtel pourri, de ces murs froids et de ces couettes jaune canari aux odeurs de renfermé.
Peut être. Peut être qu'il le fallait. Je n'étais pas disposé à Lui donner mon.. coeur. A l'Aimer de toute mon âme. De ce sentiment qu'on appelle l'Amour et qui me faisait tristement ricaner il n'y a pas un an.
Alors pourquoi ne pas partir très loin d'Elle, alors? Pourquoi ne pas... L'oublier?



Peut être parce que mon coeur s'est déja accordé aux battements de celui de Jean.


___________________________________________________________________________

Bonjour! J'espère que ce deuxième chapitre vous a plu. =) La rencontre de Jean et Tom, racontée par Tom... Je me suis demandé s'il ne fallait pas avoir les deux points de vue, vu que c'est quand même le point le plus important de ma fiction => Leur rencontre, le début de toutes leurs emmerdes. xD
Finalement j'ai décidé d'attendre pour pouvoir vous demander: Voulez vous que leur rencontre soit également narrée du point de vue de Jean ou pas? A vous de voir. Je précise que je compte faire comme ça de temps en temps ( la même scène narrée par différents personnages. ) Je trouve ça plus facile, on se rend plus facilement compte du caractère des personnages en ayant une comparaison.
Ensuite, petite scène entre Tom et Jean, qu'en avez vous pensé?
Et puis, le point de vue de Tom, que j'ai vraiment pris plaisir à écrire.
Au prochain chapitre, je ne sais pas trop trop encore mais je pencherai pour que vous puissiez lire le point de vue d'Adam. Je vais voir, ce n'est pas du tout sûr pour le moment. Ah et puis: La fille que j'ai mise en photo principale du blog n'est pas Jean, comme vous l'avez sûrement deviné vu que Jean à les cheveux bouclés et que, de plus, elle est brune. =) C'est un autre personnage qui n'apparaitra pas tout de suite, mais que j'apprécie. =)
Ensuite, je vous remercie de vos chaleureux commentaires et de celles qui m'ont mise dans leur blogs préférés. =D C'est bien la première fois que j'ai autant de fans dès mon premier chapitre, quel bonheur. x) Merci vivement =')
Et puis, petite précision: Tous les titres de chapitre de ma fiction sont tirés des romans de Stephenie Meyer, Fascination, Tentation, Hésitation. Je n'y peux rien, j'y suis tellement accro que je relie au moins un ou deux chapitres par jour. x)
A bientôt, au prochain chapitre! =D

# Posté le samedi 28 juin 2008 10:45

Modifié le samedi 18 octobre 2008 10:27

.(( Tu ne me reverras plus.Je ne reviendrais pas.Poursuis ta vie,je ne m'en mêlerais plus.Ce sera comme si je n'avais jamais existé.)) .

 .(( Tu ne me reverras plus.Je ne reviendrais pas.Poursuis ta vie,je ne m'en mêlerais plus.Ce sera comme si je n'avais jamais existé.)) .
Musique: Mon morceau préféré.

______________________

T__o__m
,
une semaine plus tard_

__ Tom?

J'ai eu pendant un instant l'impression idiote que c'était son coeur qui m'appelait, et non pas Elle. Elle ne me regarda pas, se contentant de rester assise à fixer cette couverture qui couvrait nos deux corps, petite chose blanche qui était bien la seule à continuer de nous unir.

__ Tom.
__ Quoi..?


Elle releva soudain les yeux avec une rapidité qui me dépassa. Je crus apercevoir l'ombre de sa tristesse danser au fond de ses prunelles avant qu'elle ne baisse les yeux à nouveau, rougissante.
Mon estomac se contracta automatiquement, et je fus pris d'une nouvelle vague de remords, comme à chaque fois que je croisai son regard en ce moment. Troublé.

__ Tu ne me parles plus de toi.

Ce n'était pas une accusation. Une simple constatation. Mais elle se planta dans ma poitrine avec la force d'un poignard conduit par une rage inhumaine. Touché, coulé. Les seuls instants de bonheur qui m'étaient accordés dans cette vie s'enfuirent si vite que je n'eus même pas le temps d'essayer de les retenir. Il ne restait plus que nous deux. Jean et moi.
Une de mes mains glacées s'approcha légèrement du visage de Jean. Retomba aussitôt, inerte sur le drap blanc sale. Je n'avais même plus la force de mentir. Elle ne savait que trop bien ce qui était en train de se passer entre nous.
Je ne répondis rien. Attendis qu'elle parle. Qu'elle arrête de pleurer en silence, qu'elle me crache la vérité au visage. Qu'elle me frappe. Tout ça ne pouvait décemment plus durer. Notre relation était réduite au silence et aux mensonges. C'était tellement nul. Et tout ça à cause de moi.

__ Pourquoi, Tom? J'ai l'impression...
__ Je n'ai rien..Rien à dire sur moi, protestai-je vainement.
__ Je ne sais rien sur toi, enfin, pratiquement rien. continua-t-elle comme si de rien était. J'aimerais...


Elle hésita. Sa voix se brisa. Elle était si fragile, Jean. Si petite, si frêle dans ce trop grand lit.

__ J'aimerais t'entendre me dire ce que tu aimes et ce que tu n'aimes pas, au lieu d'avoir à lire dans les magasines people pour le savoir, c'est tout. Tu comprends?
__ J'aimerais bien.
__ Le problème, Tom, ce n'est pas que tu ne comprends pas. C'est que tu ne veux pas comprendre.


Silence.

__ Tom, je vais bientôt partir en lune de miel, chuchota-t-elle si doucement que j'eus presque l'impression de n'entendre qu'un souffle de vent diabolique qui me soufflait mes peurs et mes regrets au creux de mon oreille.

Je secouai la tête, pivotai vers elle et la fixai, incrédule:

__ Et alors? On pourra se revoir après.
__ Tom, ça ne peut plus durer. Entre nous... Ce n'est plus possible.


Sa voix était presque ferme cette fois. Je me recroquevillai sur moi-même, tâchai d'oublier les paroles cruelles qui étaient pourtant si vraies. Peine perdue.

__ Non. Ca ne peut plus durer. Tu as raison.

Mes mains se refermèrent jusqu'à n'être plus que des poings blêmes de tristesse. Je ne devais pas la retenir. Je devais la laisser partir.
Je le devais.
Je le savais.
Je croyais le savoir..
Je devais m'en convaincre.

__ Tom...

Lorsque je me tournai vers Elle, mon coeur ne battait presque plus. J'avais en la regardant l'impression de n'être qu'un tas grossier fait de chair et d'os, une chose sans nom à demi-morte, dépourvue de coeur. Dépourvue d'âme. Dépourvue de tout ce qui était important. Jean. Jean. Jean...
Elle leva doucement sa main vers moi. Frôla ma joue de ses doigts avec une douceur incrédule. Geste d'adieu.

__ Je t'aimerais toujours, Tom. Tu le sais?

La question me sidéra et acheva de briser les dernières chaines qui me retenait à Elle.
Non, je ne le savais pas. Ou du moins, je n'avais jamais voulu le savoir. Et c'était à cause de cela que nous en étions là.
Sa main quitta ma joue trop vite à mon goût. Elle se leva et commença à s'habiller. Lentement. Savourant nos derniers instants, mes derniers instants, je la regardai de toutes les forces de mon âme, voulant retenir un détail, des détails, chaque détail qui me permettrait de survivre loin d'Elle. Ses cheveux, se dispersant gaiement dans l'encolure de son col, ondulant gracieusement jusqu'à sa taille. Ses yeux obstinément baissés, observant tout sauf le lit ou je demeurais assis.
La courbe de sa joue pâle, que je suivais du doigt mentalement. Sa grâce de danseuse étoile. Ses petites mains, enfilant ses petites ballerines grises.

Elle se retourna tout aussi lentement vers moi. M'observa sans rien dire pendant un instant. Se contentant de me regarder, de fixer les moindres courbes de mon visage. Je fis de même. Mourant d'envie de me lever pour l'enlacer. Accepter enfin mes sentiments. Ce sentiment.
Mais non.
Je ne pouvais toujours pas.

Elle ramassa soudainement son sac, courut vers la porte. Tira la poignée. Mon coeur hurla, je serrai les dents tant bien que mal.

Elle sortit de ma vie aussi soudainement qu'elle y était entrée.


______________________

Adam, Le soir__

__ Ma chérie..? Que se passe-t-il? Jean!

Je voulus m'asseoir près d'elle mais elle essuya ses larmes d'un revers de main, se releva et tenta vainement d'éviter de me regarder, comme dégoutée par ma présence:

__ Tout... va... très bien, Adam.

Pensait elle que j'étais aveugle? J'eus envie de la secouer, de la forcer à me dire ce qui n'allait pas depuis quelque temps. Mais elle ne me dirait rien, de toute façon. Si jamais j'essayais de la faire parler, elle se murerait dans un silence amer et m'éviterais comme la peste. Ce que je ne désirais pas le moins du monde.
Je me contentais donc d'effleurer sa joue de ma main gauche pour sécher une autre de ses larmes, l'enlaçant du bras droit.
Mais elle se dégagea si vivement que cela m'amena à poser d'autres questions, aussi forte que soit mon envie de ne pas engager de dispute la veille de notre mariage.

__ Jean, dis moi ce qui se passe. Je pourrais peut être t'aider?

Elle éclata d'un rire hystérique qui me surprit autant qu'il me blessa. Je reculai, pris au piège par l'intensité de son regard, accentué par ses larmes brillantes:

__ M'aider? M'aider?! Mais comment pourrais tu m'aider, Adam? Tu ne comprends rien. Rien. Rien, du tout. Tu ne sais pas... Tu ne sais pas, toi!

Je reculai encore, hébété. Je ne reconnaissais plus la jeune femme à qui j'avais passé la bague au doigt, dans cette fille à l'air hagard, aux joue baignées de larmes et au regard si féroce qu'elle me donnait l'impression d'être possédée.

__ Mon amour..?
__ Ne m'appelle plus comme ça! Laisse moi tranquille! Je.. Ne.. Veux rien d'autre. Je veux juste...


Pendant un instant, elle redevint la Jean fragile que j'aimais. Elle jeta un regard alentour, l'air si perdue que j'essayais aussitôt de la prendre dans mes bras. Qu'avait donc t-il pu se passer pour que Jean soit bouleversée à ce point?
Mais, encore une fois, elle me repoussa. Plus brutalement cette fois.

__ Laisse moi tranquille!!!!
__ Jean!!!!


Elle partit de la chambre en claquant la porte. Et moi, comme un imbécile, je restai planté là, me demandant au juste quel diable avait pris possession de Jean pour qu'elle réagisse comme cela. Une fille si calme, si joyeuse.


Depuis quand au juste était-elle si triste?


______________________

Jean, 1/4 d'heure plus tard__


__ Alees, réponds...

Je marmonnai une série d'insultes à l'adresse de son foutu répondeur, raccrochai une troisième fois et recomposai le numéro de ma meilleure et seule amie, tâchant d'éviter le regard des passants trop curieux qui m'observaient, pauvre petite fille perdue et en larmes au milieu de nulle part.
" Salut, ici Alees Werde! Je suis pas là pour l'instant, laissez un message après le bip. "

__ C'est pas vrai... Mon Dieu, c'est pas vrai.

Je n'avais plus personne, pas d'endroit ou dormir, pas d'argent. Je pestai contre moi-même, essuyai mes larmes d'un geste rageur et continuai ma route, les bras croisés autour de ma poitrine, tremblante de froid et de tristesse.
Je tâchai de me résonner: Il fallait que je rentre, que j'arrête de causer du souci à Adam, que je le supplie de m'excuser, qu'on se marie et qu'on aie beaucoup d'enfants, pendant qu'on y était...
Mais mes jambes ne semblaient pas être du même avis, et me poussaient loin de la grande et vieille bâtisse d'Adam Matze.
Je n'avais pas envie de revoir son visage peiné, d'affronter la tendresse de ses yeux bleus. Et, si j'avais envie d'être consolée, ce serait, ironie du sort, par celui qui me déchirait le coeur.
Je me rappelai sans peine Le visage, Son visage, que je m'étais efforcée de mémoriser jusqu'au dernier détail. Il avait l'air si perdu. Perdu. Pour la première fois. Lorsque je l'avais connu, il était souriant, attentif et toujours prêt à plaire. Mais, au fil des mois, il était devenu sombre et s'était éloigné de moi. Froid comme le vent qui faisait voler mes cheveux à présent.
C'est de ma faute. C'est de ma faute. Combien de fois me je suis-je répété, pleurant les maigres larmes qui me restaient lorsqu'Adam dormait? Cent fois, mille, un million, un trilliard de fois. Qu'avais-je fait pour qu'il s'éloigne? Qu'avais-je fait pour qu'il cesse de me sourire, qu'il me fuie?

Mais le visage dont je me rappelais ce soir n'était pas l'éternel visage froid et inintéressé que j'avais eu sous les yeux pendant quatre mois, non. Ce visage là était bouleversé. Bouleversé, perdu et peiné.

Je ne le comprenais plus. Est-ce qu'il avait dans le coeur ne serait-ce qu'un tiers de ce que je ressentais pour lui? J'aurais juré que non, mais à présent, je n'étais plus sûre de rien.

Il avait l'air si triste, lorsque j'avais effleuré sa joue de mes doigts...



Pour la dernière fois.

______________________

T__o__m_

__ Tom tooooom!!! Tu te ramènes? On va draguer.

Je marmonnai un Je-ne-sais-quoi crétin en guise d'excuse, m'enfonçai plus profondément dans mon fauteuil et refermai les yeux. Draguer? Comme si je n'avais que ça à faire.

__ Tooooom!
__ Fous moi la paix, Bill.


Mais mon jumeau tirailla une de mes dreads jusqu'à ce que je daigne ouvrir les yeux.

__ T'as pas bientôt fini de me faire chier, oui?!

Mais Bill n'avait pas l'air de vouloir m'inciter à partir avec Georg, Gus et lui. Il me fixait sans rien dire, d'un air si inquiet que je me mordis la lèvre inférieure pour ne pas lui rire au nez.

__ Ah, ouais. Je veux pas aller mater des nanas avec vous donc, tout de suite, y a un blem, ironisai-je en le fusillant du regard et en me renfonçant dans mon siège.
__ Parfaitement, approuva mon jumeau sans saisir toute l'ironie de ma phrase. Je pensais que tu voudrais profiter de nos dernières journées... Vu qu'on part en tournée après-demain.
__ Nan, merci. Je préfère rester ici à dormir.
__ Tom, tu vas bien?, redemanda Bill en fronçant les sourcils.
__ Je vais bien, ok?!


J'étais à présent si énervé que je me demandai vaguement comment j'allais faire pour trouver le sommeil.

__ Non, tu ne vas pas bien, marmonna-t-il en m'observant.
__ Nom de Dieu, que tu es perspicace.
__ Nom de Dieu, que tu es joyeux!
__ La ferme.


Je regrettai aussitôt mes paroles, sachant que soit Bill se vexerait et ne me parlerais plus jusqu'à la fin de la tournée, soit il m'apporterait une couverture et une tasse de thé, me gâtant comme si j'étais notre grand-mêre, figée dans son fauteuil roulant.
En lui jetant un regard, j'optai immédiatement pour la deuxième solution.

__ Tom, dis moi ce qui se passe. En ce moment, tu as l'air...
__ Con? Je te rassure, ça c'est mon air habituel.
__ Non, tu as l'air... Mort.



Oups.



____________________________________________________________________________

J'espère que ce chapitre vous a plu. Je suis très moyennement contente, mais bon. Il fallait que les choses avancent un peu. Je suis désolée pour Adam, en fait, on ne sait pas vraiment ce qu'il ressent. J'espère explorer un peu plus son point de vue dans les prochains chapitres.
On ne sait toujours pas clairement pourquoi Jean reste avec Adam, ou du moins, je ne l'ai pas assez clairement dit: Cela sera donc reprécisé. =)
Un nouveau personnage dans ce chapitre, qui n'est pour l'instant qu'effleuré: Alees [ prononcez Alice. ] C'est elle, l'avatar de mon blog =)
Voilà voilà! J'espère avoir vos commentaires. =) ( Même de la part de ceux qui n'en mettent pas d'habitude, pour une fois! Pour voir qui me lit. =O )

# Posté le dimanche 06 juillet 2008 10:36

Modifié le samedi 18 octobre 2008 10:27